Dernière modification 17 heures by Chrétien en ce temps
Notre temps de carême touche à sa fin avec ce 5e dimanche de carême. Dimanche prochain, nous entrerons, avec la célébration des Rameaux, dans la semaine sainte. Prenons donc le temps de savourer à la fois le chemin parcouru et celui qui nous reste à faire avant d’entrer pleinement dans la joie de Pâques.
Découvrir le chemin qui nous mène à Dieu
Faire mémoire du chemin parcouru semble pourtant aller à l’encontre de l’appel du Seigneur dans la première lecture. Esaïe voudrait-il que nous perdions la mémoire, que nous soyons perpétuellement tournés vers l’avant sans jamais regarder en arrière ? Certes, cela a valu à la femme de Lot d’être transformée en statue de sel (Gn 19, 26). Là, il n’est pas question de relecture, mais de regret du passé. C’est sans doute comme cela qu’il faut le comprendre.
La présence de Dieu : chemin dans le désert et fleuve dans les lieux arides
Prendre le temps de relire le passé, d’examiner les mouvements, les motions intérieures pour discerner la vie de Dieu en nous est essentiel. Mais ressasser le passé n’est pas très utile s’il ne nous ouvre pas vers un avenir. C’est à cela que nous invite Isaïe en nous permettant de découvrir qu’il est celui qui fait « passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides ».
Dieu est présent à notre histoire
Ainsi, même si Dieu est le Dieu de l’alliance, Celui de nos pères dans la foi, il est aussi Celui de ce temps. Dieu est constamment présent dans notre histoire, non pas de manière statique, comme une idole, mais de manière dynamique. Il ne cesse jamais de nous accompagner sur nos chemins de vie. Il souhaite que nous discernions, au travers des signes des temps, ce qui nous permet de servir davantage nos frères et sœurs en humanité.
Voir toutes choses nouvelles en Christ
Ces choses nouvelles que le Seigneur nous promet nécessitent tout de même que nous prenions le temps de les regarder. Ce sont souvent de fragiles bourgeons qui jaillissent ici et là et redonnent le goût de l’espérance et de la confiance en l’avenir. C’est, en quelque sorte, un avant-goût de Pâques où le Seigneur jaillit du tombeau pour que la vie jaillisse des nôtres. Dieu vient faire germer toutes choses nouvelles pour que monte dans nos vies une force transformatrice.
Redécouvrir le chemin de notre vocation
Notre vocation chrétienne fait de nous des veilleurs et des porteurs de la clameur de la lumière de Dieu. C’est pour cela que nous ne devons jamais nous résigner. Il ne nous est pas permis de désespérer de ce monde et encore moins de nos contemporains.
Espérer contre toute espérance
Certes, il y aurait beaucoup de raisons pour faire taire l’espérance. Mais cette espérance ne dépend pas de nous, elle vient de Dieu. Aussi, nous sommes invités à la mettre en pratique, à tout faire pour qu’elle croisse comme nous prenons soin d’une frêle plante ou d’une flamme chancelante.
Compter sur l’esprit
Dans cette quête, dans ce chemin d’avenir, nous avons le soutien de l’Esprit. C’est lui qui nous donne l’énergie, le zèle apostolique pour annoncer au monde les merveilles de Dieu. Cet Esprit est celui qui vient nous désaltérer quand nous avons l’impression d’être en plein désert. Cette eau est la même que celle qui coule du cœur du Christ pour nous conduire toujours davantage vers la vie, vers l’avenir.
Le Christ présent à notre histoire
N’oublions pas que, malgré les souffrances, les détresses, les angoisses et autres tribulations auxquelles la vie nous confronte, la présence du Christ Ressuscité est toujours active. C’est de cette source que nous vient le salut, c’est-à-dire la possibilité de découvrir au cœur de nos vies, de sentir et goûter intérieurement le fol amour de Dieu.
Ne jamais désespérer
Même si nous avons parfois, si ce n’est trop souvent, du mal à vivre de ce dynamisme intérieur, ne désespérons pas et, tel Paul, « poursuivons notre course ». Elle est, comme ce chemin de carême, une question d’endurance et de confiance où Dieu vient nous trouver chaque jour davantage.
Dieu et nous : un chemin de rencontre
Cette rencontre entre Dieu et nous consiste à se laisser saisir par l’Amour de Dieu et à devenir des amis dans le Seigneur. Vivre ce compagnonnage avec Dieu, c’est vivre avant tout avec les femmes et les hommes de ce temps. Ils sont, à leur manière, des visages de Dieu qui se révèlent au cœur du monde.
Devenir des témoins crédibles de l’Amour de Dieu
C’est dans cette existence quotidienne, dans cette présence ordinaire avec nos contemporains que nous pourrons être des témoins crédibles de l’Amour. Et c’est ainsi, par nous, grâce à l’Amour de Dieu, que peuvent se faire, en ce monde et en nos vies, toutes choses nouvelles. Mais cela ne peut pas se faire sans notre pleine coopération.
Notre énergie vitale : c’est Dieu
Dieu ne fait pas sans nous ni à notre place. Il est l’énergie vitale qui nous met en route, mais cela ne nous dispense pas de notre libre arbitre et de notre volonté. De plus, nous devons avoir conscience que nous sommes porteurs des grâces du Royaume, c’est-à-dire que nous sommes dépositaires de la bienveillance de Dieu pour nos contemporains.
Découvrir la bienveillance
Cette question de la bienveillance est au centre de l’Évangile de ce dimanche. La femme présentée à Jésus est montrée du doigt par les élites de l’époque. Certes, elle a péché et commis l’adultère (mais d’ailleurs, où est celui avec lequel elle l’a commis ?). Certes, la loi de Moïse est stricte, mais elle concerne les deux protagonistes et là, seule la femme est présentée à la condamnation. Cela en dit long sur la perversité de ces scribes et de ces pharisiens. Ce qui les intéresse au fond, ce n’est pas le sort de cette pauvre femme, mais de faire tomber Jésus. Grande est leur perversité.
Dieu s’intéresse à nous et non à notre péché
Jésus, lui, se contente d’écrire sur le sol. Ce qui l’intéresse, c’est le sort de cette femme et non son péché. Celui-ci est comme les écrits de Jésus sur le sol : temporaire. Ainsi en est-il de nos propres péchés, de nos propres manquements. Ils ne sont que poussières emportées par le vent. Ce qui importe au Seigneur, c’est notre capacité de comprendre combien sa miséricorde emporte ces manquements. Il ne retient rien contre nous, seul l’Amour qu’il nous porte est essentiel.
Marcher avec Dieu sur nos chemins
En fait, ce que le Seigneur réclame de nous peut tenir en ces versets du prophète Michée : « Rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité, et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. »
Demandons au Seigneur, en ces jours qui nous séparent encore de Pâques, de nous donner la grâce de goûter et sentir intérieurement les fruits que peuvent provoquer en nous ces mots de Michée. Ainsi, nous pourrons entrer davantage dans le dynamisme de sa tendresse et de son amour inconditionnels pour chacun et chacune d’entre nous.